Expansion · 25 août 2026

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Des gestionnaires voient dans la crise agricole brésilienne une opportunité d’investissement dans les terres à prix réduit

Aerial view of a large airport with ocean in background
Sean Pierce / Unsplash

Des gestionnaires de fonds spécialisés estiment que la crise actuelle du secteur agricole brésilien crée une opportunité unique d’acheter des terres à des prix historiquement bas, avec des réductions pouvant atteindre 40 %. Selon Brazil Journal, Olivier Colas, ancien vice-président de Kepler Weber, et Eça Correia, ancien de KPMG, ont lancé la gestora Buri dans le but précis d’acquérir des propriétés agricoles en période de faible liquidité pour les revendre lorsque le cycle du secteur se redressera.

La crise du secteur agroalimentaire, marquée par la compression des marges et l’augmentation de la pression financière sur les producteurs, pousse de nombreux agriculteurs endettés à céder leurs terres aux créanciers. Ces propriétés sont alors mises sur le marché avec des décotes importantes, parfois jusqu’à 40 % par rapport aux prix de 2022. Les gestionnaires de Buri ciblent deux types de biens : des terres productives proposées dans le cadre d’exécutions de garanties, et des zones dégradées pouvant être restaurées et converties en cultures, un processus qui prend entre trois et cinq ans mais offrirait un retour sur investissement plus élevé.

Le fonds, actuellement en phase de levée de capitaux, combine ces deux stratégies : acquisition de terres prêtes à l’emploi dans un contexte opportuniste et investissement dans des zones dont la valeur pourrait être libérée grâce à des travaux de réhabilitation. Plus de 80 fermes ont déjà été proposées à Buri, représentant environ 95 000 hectares actuellement en phase d’analyse ou de négociation. La sélection des propriétés est assurée par NMPO, une société de conseil spécialisée dans l’évaluation des terres agricoles, fondée par d’anciens cadres de Macquarie.

La thèse d’investissement repose sur une perspective de long terme, selon laquelle la demande mondiale en terres agricoles devrait continuer de croître. Les projections du département américain de l’Agriculture (USDA) indiquent que la demande mondiale en soja pourrait augmenter de 75 millions de tonnes au cours des dix prochaines années. Olivier Colas souligne que, compte tenu des gains de productivité attendus, cela nécessiterait environ 20 millions d’hectares supplémentaires, dont le Brésil pourrait contribuer à hauteur de 12 millions.

Le fonds Buri a déjà commencé ses activités avec l’apport d’une ferme appartenant à Agrícola São Luiz (ASL), une entreprise familiale du Mato Grosso spécialisée dans la production de céréales et partenaire du projet. Cette propriété, actuellement en cours de conversion de l’élevage vers l’agriculture, a été intégrée au fonds en échange de parts. Deux autres fermes sont en phase avancée de négociation. À ce jour, le fonds a réuni 180 millions de reais, provenant à la fois des terres apportées et des contributions d’investisseurs, principalement des professionnels et des institutionnels.

Le capital autorisé s’élève à 5 milliards de reais, mais les gestionnaires prévoient une période d’investissement de cinq ans, avec une taille initiale visée d’environ 500 millions de reais. L’accent est mis sur le Mato Grosso, où les conditions climatiques, la possibilité de deux récoltes annuelles et la liquidité des propriétés en font une région particulièrement attractive. Les gestionnaires privilégient les surfaces comprises entre 1 000 et 3 000 hectares, jugées plus faciles à revendre.

La stratégie d’investissement ne repose pas uniquement sur une reprise des prix agricoles. Chaque propriété est évaluée en fonction de critères tels que la productivité, le climat, la qualité des sols, la logistique, le profil des producteurs environnants, ainsi que les circonstances spécifiques de la vente, comme l’endettement ou les litiges successoraux.