Produit · 3 novembre 2026

Également publié en ไทย, Italiano, עברית, العربية

Croissance d'Airbnb et hausse des loyers : une vague de mécontentement traverse l'Europe

a close-up of a circuit board
Anne Nygård / Unsplash

La plateforme de location courte durée Airbnb fait face à une opposition croissante dans plusieurs grandes villes européennes, où les habitants et les autorités locales dénoncent son rôle dans la flambée des prix de l'immobilier et la pénurie de logements abordables. Ce phénomène, décrit comme une vague grandissante, suscite des manifestations, des sanctions financières et des mesures restrictives de la part des gouvernements.

En Espagne, les tensions ont atteint un point critique. En deux mille vingt-cinq, les autorités espagnoles ont infligé une amende de soixante-quatre millions d'euros à l'entreprise pour avoir permis la publication d'annonces concernant des biens non conformes à la réglementation, selon le journal El País. À Barcelone, l'administration locale a décidé de supprimer dix mille licences de location touristique d'ici deux mille vingt-huit. La situation sociale reste tendue : des milliers de personnes ont manifesté à Madrid fin septembre après l'expulsion d'une femme âgée de quatre-vingt-sept ans, incapable de payer un loyer fortement augmenté. L'année précédente, le gouvernement espagnol avait déjà retiré près de soixante-six mille annonces illégales de la plateforme.

La situation italienne présente des similitudes préoccupantes. À Florence, face à la colère des résidents et à la hausse des loyers, les autorités ont prévu d'interdire les nouvelles locations touristiques dans une zone de seize kilomètres carrés pendant deux ans. Des activistes locaux ont marqué de croix rouges les boîtes à clés utilisées pour les check-in, symbolisant leur lutte contre un tourisme qu'ils jugent incontrôlé et mortel pour la ville.

Les données économiques soulignent l'ampleur du problème structurel. Au cours de la dernière décennie, les prix des logements dans l'Union européenne ont augmenté de cinquante-trois pour cent en moyenne, selon le Parlement européen. La Commission européenne note que cette hausse a dépassé celle des revenus de dix points de pourcentage. Une étude spécifique à Barcelone indique que l'activité de la plateforme a contribué à une augmentation moyenne des loyers de un virgule neuf pour cent dans les quartiers concernés, ce chiffre atteignant sept pour cent dans les zones les plus touchées. Les prix de vente y ont également progressé de quatre virgule six pour cent.

Malgré ces critiques, la direction de l'entreprise conteste être la cause principale de la crise. Son dirigeant a qualifié la société de bouc émissaire pratique, arguant que les prix à Barcelone ont grimpé de soixante pour cent en dix ans alors que le nombre d'annonces diminuait. Il affirme que la majorité des visiteurs sont des passagers de croisière ou des clients d'hôtels. Cependant, des experts en sciences politiques soulignent la difficulté de dissocier la plateforme du phénomène de surtourisme et notent que le marché du logement est devenu davantage un objet d'investissement qu'un bien social. Le quotidien E24 a rapporté ces développements et les réactions qu'ils provoquent à travers le continent.

Les réservations via des plateformes numériques représentent désormais environ un quart des nuitées touristiques dans l'Union européenne, totalisant neuf cent cinquante et un virgule six millions de nuitées en deux mille vingt-cinq, selon Eurostat. Face à cette réalité, les observateurs s'attendent à de nouvelles réactions politiques, notamment dans un contexte de précarité accrue pour les jeunes et d'incertitudes liées à l'intelligence artificielle.