Expansion · 29 août 2026

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La Norvège hésite à signer un accord commercial avec les États-Unis en raison de l’incertitude politique

The New York City skyline across the Hudson River from Hoboken at golden hour
Mike Chavarri / Unsplash

Le premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a indiqué que son pays ne conclurait pas pour l’instant un accord commercial avec les États-Unis, malgré des négociations en cours. Lors d’un discours prononcé le 8 août à Husøydagan, il a expliqué que les autorités norvégiennes craignent une instabilité dans les mesures et les droits de douane que Washington pourrait imposer.

Les discussions portent notamment sur une possible hausse des tarifs douaniers américains, dans le cadre d’une enquête lancée par les États-Unis sur la « surcapacité structurelle » de certains secteurs industriels. Cette enquête, qui vise plusieurs pays dont la Norvège, pourrait entraîner l’imposition de nouveaux droits de douane. Le secteur norvégien de la pêche craint également d’être touché par les mesures protectionnistes annoncées par l’administration Trump.

Støre a évoqué l’existence d’un projet d’accord commercial avec les États-Unis, qu’il juge « plutôt bon », mais a souligné que la Norvège préfère attendre avant de le signer. Il a justifié cette prudence par le manque de prévisibilité des décisions américaines, qui pourraient inclure de nouvelles taxes ou des réactions imprévisibles. Ces déclarations contrastent avec les résultats des négociations commerciales menées l’an dernier entre les deux pays.

En effet, lors des pourparlers de 2025, les délégations norvégiennes et américaines étaient parvenues à un accord, mais celui-ci avait finalement été rejeté par la partie américaine. Selon le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, cette volte-face s’expliquait par le refus de l’administration Trump de valider l’accord, comme l’avait rapporté Dagens Næringsliv à l’époque.

Depuis, la situation a évolué : la Cour suprême des États-Unis a jugé illégale la taxe douanière instaurée par Washington l’an dernier. Malgré cette décision, les autorités américaines ont lancé de nouvelles enquêtes, notamment des « investigations 301 », qui ont déjà conduit à l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les produits norvégiens. Le ministre Eide a souligné que cette instabilité illustre les risques auxquels la Norvège est exposée dans ses relations commerciales avec les États-Unis.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères a réagi aux interrogations d’E24 en rappelant que la Norvège reste ouverte à un accord, mais à condition qu’il serve les intérêts du pays. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’évaluer les conséquences pour l’économie et les entreprises norvégiennes avant toute signature. Aucune décision n’a encore été prise, et les négociations se poursuivent.

Des représentants norvégiens et américains se sont rencontrés la semaine dernière pour tenter de trouver une solution aux tensions commerciales. Andreas Kravik, secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, a indiqué sur LinkedIn que ces échanges avaient permis d’explorer les possibilités d’un accord. L’objectif norvégien est d’éviter que les droits de douane appliqués à la Norvège ne soient supérieurs à ceux imposés à l’Union européenne. Selon Kravik, les discussions ont été substantielles et les Américains auraient montré une certaine écoute sur ce point.